Category: Français
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« Sauvegarde de la vie et de l’intégrité corporelle de M. Julian Assange : la Suisse doit s’engager, il y a urgence ! » PROJET DE RESOLUTION déposé par Eric Bertinat
Considérant– que d’après l’art. 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique la possibilité de chercher, de recevoir et de répandre les informations et les idées par quelque moyen que ce soit sans considérations de frontières ;– que la Déclaration de l’ONU de 1998 sur les défenseurs des droits de l’homme dit que chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international ;– le rôle de la Suisse en tant que dépositaire des Conventions de Genève ;– que d’après les lignes directrices de la Suisse concernant la protection des défenseurs des droits de l’homme de 2013, la protection de ces personnes revêt une importance capitale ;– que d’après ces lignes directrices « la Suisse plaide publiquement en faveur d’une meilleure protection des défenseurs des droits de l’homme et entreprend des démarches auprès des Etats dans lesquels ces derniers sont menacés et entravés dans leur travail par les autorités » ;– que la protection et la promotion des droits de l’homme ainsi que le renforcement de l’Etat de droit font partie des objectifs de politique extérieure de la Suisse, ancrés dans la Constitution fédérale ;– l’attachement de la Ville de Genève, capitale de la paix et des droits humains, aux droits fondamentaux, réaffirmé lors de la visite de Mme Michelle Bachelet, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, le 5 décembre 2018 ;– qu’en créant Wikileaks pour divulguer au grand public des informations considérées comme confidentielles, M. Assange a contribué à révéler des cas de violations des droits de l’homme ;– que M. Assange a fait connaître aux peuples du monde la vérité sur des crimes de guerre, sur de nombreux coups d’État et intrigues ;– que la volonté de M. Assange était de permettre à l’information de circuler et ainsi à la démocratie de fonctionner sur des bases plus transparentes ;– que M. Assange doit être considéré comme un fervent défenseur des droits humains– que plusieurs personnalités américaines ont plaidé pour une exécution de M. Assange ;– que M. Assange vit reclus depuis le 19 juin 2012 dans une pièce exiguë dépourvue de lumière du jour aménagée en studio, au sein de l’ambassade de l’Équateur à Londres ;– que si M. Assange est placé en garde à vue par les autorités britanniques, il risque d’être remis au gouvernement américain, qui cherche depuis longtemps à le traduire en justice pour des accusations d’espionnage pouvant entraîner la peine de mort ;– que sous la pression des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et d’autres puissances, l’accès Internet et la ligne téléphonique de M. Assange ont été coupées ;– que M. Assange ne peut plus bénéficier des soins médicaux appropriés, lui faisant courir un danger mortel ;le Conseil municipal de la Ville de Genève demande au Conseil fédéral de concrétiser sa politique de protection des défenseurs des droits de l’homme en offrant ses bons offices et en entreprenant toutes les démarches nécessaires à la sauvegarde de la vie et de l’intégrité corporelle de M. Julian Assange -
La toile que nous voulons
La toile que nous voulons de Julian Assange, Dominique Cardon, Paul Jorion, Bernard Stiegler
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Pour une assemblée des assemblées
Pour une assemblée des assemblées
Si vous êtes intéressés par notre démarche, relayez cette vidéo et ce message en masse.
Nous proposons que l’assemblée des assemblées se tienne le samedi 26 janvier à 14h à Commercy ou environs.
Ordre du jour et modalités pratiques à venir sur notre page Facebook ” Les Gilets Jaunes de Commercy ” (https://www.facebook.com/Les-Gilets-Jaunes-de-Commercy- 440617629803047/?ref=br_rs)
Inscription et remarques à adresser sur giletsjaunescommercy@gmail.com
Hébergement possible sur demande.
N’hésitez pas à nous contacter si possible avant le 13 janvier 2018 -
Egine, le paradis perdu des révolutionnaires de Syriza
https://www.letemps.ch/monde/2017/08/24/egine-paradis-perdu-revolutionnaires-syriza
L’île a longtemps été le lieu de villégiature préféré de la gauche radicale. Mais Alexis Tsipras et Cie ne s’y montrent plus guère depuis qu’ils ont ployé devant Bruxelles. L’écrivain Alexandre Kollatos a pris le parti d’en rire.
Alexandre Kollatos, comédien et auteur franco-grec, prononce sur l’île d’Egine quelques mots à l’issue de la représentation de sa dernière satire, «Yanis et Alexis»: «Déçu par ce couple politique que j’avais pourtant soutenu et pour lequel j’avais voté, j’ai écrit ce texte pour faire rire.» Les deux principaux personnages de la pièce sont Yanis Varoufakis, ministre grec des Finances, et Alexis Tsipras, premier ministre. Au premier semestre 2015, le duo avait tenu en haleine toute l’Europe, tentant de mettre un terme aux politiques d’austérité imposées au pays depuis 2010 et de les remplacer par des solutions alternatives. Les négociations avec les créanciers du pays dureront six mois, avant de se solder, face à l’intransigeance de leurs interlocuteurs, par des résultats décevants: la signature d’un nouvel accord avec l’Union Européenne, la BCE et le FMI, qui impose à la Grèce de nouvelles mesures d’austérité, et la démission de Yanis Varoufakis. Cette période sert de trame à Alexandre Kollatos. L’auteur transforme le duo aux manettes du pays en un couple passionné, qui se débat à Bruxelles et rompt au bout de six mois.
La satire séduit. Ce 13 août au soir, la centaine de chaises déposées devant la scène en plein air n’ont pas suffi pour accueillir le public: il a fallu en réquisitionner dans la maison voisine. Un tel engouement n’est pas un hasard. Syriza est en chute libre dans les sondages et la déception gagne la population.
Un ultime espoir
Ainsi, dans toutes les enquêtes d’opinion, le parti du premier ministre oscille désormais entre 16 et 17% d’intention de vote, loin derrière son rival de droite, Nouvelle Démocratie (ND), qui caracole à 23,5% et plus. En janvier 2015, Syriza avait recueilli 36,34% des suffrages et frôlé la majorité absolue au parlement. Depuis, il y a eu l’accord avec l’UE et son flot de mesures impopulaires, une 13ème coupe dans les retraites en 5 ans, des hausses de taxes, etc. Alexandre Kollatos a «voulu montrer le ridicule des négociations et le manque de sérieux d’Alexis et Yanis». Et d’expliquer: «Nous les Grecs, nous les avions considérés comme un ultime espoir d’une solution pour le pays.»
Le choix du lieu a recelé une pointe d’humour supplémentaire. Quand Syriza est arrivé à la tête du gouvernement, en janvier 2015, les commentateurs ont évoqué «la bande d’Egine». A une heure d’Athènes, cette île avait des allures d’annexe du conseil des ministres. Nombre de membres du gouvernement et de députés y ont une résidence secondaire. Ils y viennent régulièrement en villégiature, comme le professeur de sociologie Konstandinos Tsoukalas, ou l’actuel ministre de l’Enseignement, Kostas Gavroglou. Surtout, c’est sur ce caillou du golfe Saronique que se sont rencontrés Yanis Varoufakis et Alexis Tsipras.
L’affaire remonte à 2012. Le Pasok, parti social-démocrate grec qu’avait conseillé Yanis Varoufakis, est alors en chute libre. Lors des élections qui ont lieu cette année-là, Syriza, le parti de la gauche radicale, effectue une percée avec Alexis Tsipras à sa tête. Un Alexis Tsipras qui fréquente régulièrement l’île d’Egine depuis qu’Alekos Flambouraris, ancien membre du parti communiste et personnalité influente de la formation, y a emmené le jeune dirigeant. «Depuis qu’il a 17 ans, il est comme mon fils, confie le père spirituel de Tsipras, habitué d’Egine de longue date. C’est comme s’il était originaire de l’île.»
Des promesses trahies
«Un hasard professionnel m’a amené ici en 1979. Ingénieur en bâtiment, j’y ai construit la maison d’un camarade, qui a depuis rejoint un autre parti, précise le septuagénaire devenu ministre (sans porte-feuille). Egine, de fait, avait de quoi lui plaire. C’est là qu’a été battue la première monnaie grecque dans l’Antiquité, là que le 26 janvier 1828, trois ans avant d’être assassiné, Ioannis Kapodistrias avait formé le premier gouvernement de la Grèce indépendante, avec Egine pour éphémère capitale. «C’est une île d’artistes et d’intellectuels proche d’Athènes», souligne Alekos Flambouraris. Pas une île de gauche, mais une île où une part de la gauche grecque prend ses quartiers d’été depuis 30 ans. Les habitués se souviennent même que «tous les 28 juillet, Alexis Tsipras venait fêter son anniversaire ici, chez Flambouraris.» Cette année cependant, personne ne l’a vu.
«Avant, toutes ces personnalités déambulaient sur le port, nous pouvions parler avec eux. Maintenant, ils restent dans leurs propriétés, ils ne veulent pas affronter les critiques», se plaint une habitante. «Ils n’ont pas respecté leurs promesses», tempête un certain Simos.
Attablé à une terrasse de café, sous l’oeil vigilant de deux garde-du-corps, Alekos Flambouraris justifie la politique du gouvernement: «Le chômage est passé de plus de 27% à 21,3%. Nous essayons d’améliorer la situation, notamment celle des plus défavorisés. Si Nouvelle Démocratie était encore au pouvoir, les choses seraient pires. Le chômage s’élèverait à plus de 30%.» Quelques mètres plus loin, Thanassis, serveur au café Nisos, affirme que la population s’appauvrit. «Il aurait fallu changer beaucoup de choses dans le pays, comme les relations clientélistes mais le gouvernement n’a pas su motiver la population», analyse-t-il avant de lâcher: «La politique n’est plus que du marketing. Varoufakis est parti quand il le fallait.» L’ancien ministre des Finances se promène souvent à Egine. Sans encombre. Comme si, dans cette saga grecque, il avait fini par avoir le beau rôle.
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Le bienfaiteur de la France
Napoléon a réussi à exporter la révolution française en Europe ainsi que certaines de ses admirables réalisations. A Aboukir, à Austerlitz, à Iéna, à Borodino il a vaincu l’hégémonie du vieil ordre européen, parfois de façon retentissante, parfois avec des pertes considérables. Certains de ces souverains ont modifié leur mode de pensée et ont adopté les idées et principes français, ils ont également relancé un coup crucial à Leipzig le 19 octobre 1813.
Lors de la conférence de la paix qui a fait suite à cet événement, les vainqueurs n’ont pas choisi d’écraser la France: ils ont envoyé Bonaparte en exil. Cependant tout a changé quand ce corse s’est évadé de l’île d’Elbe et que le 18juin 1815 il a dirigé une nouvelle armée contre ses ennemis unis. Il s’agit des cent jours des dernières actions du destructeur de notre continent.
Le général Blücher et Talleyrand
Au cours de l’été 1815, les Prusses et leurs alliés sont entrés dans Paris. Le général Von Blücher a provoqué l’explosion du pont Iéna sur la Seine, qui avait été construit afin de rappeler au monde la défaite humiliante des Prusses par les français en 1806. Le premier ministre de France, Talleyrand, qui avait repris ses fonctions, a menacé via un émissaire qu’il allait se tenir au milieu du pont afin d’empêcher le général allemand de l’exploser.
Blücher a un peu réfléchi et ensuite il a dit à ses soldats d’attendre que Talleyrand soit arrivé au milieu du pont avant de l exploser. Depuis cet événement les français ont donné le nom de Blücher à leur chien sanguinaire. En revanche, il considère Talleyrand comme leur bienfaiteur puisque, grâce à ses habiles manœuvres diplomatiques, il a empêché le démantèlement de la France. Voilà, tout du moins, ce que l’on enseigne dans les écoles françaises. La vérité est que durant cette époque critique pour la France les historiens pensent aujourd’hui que la théorie de Talleyrand “bienfaiteur “, sur la base d’un texte de l’époque, montre que son amour des intrigues et son charme malicieux n’était plus à la mode. Il a menacé les alliés de démissioner si la France était démantelée. Cela n’importait pas les alliés et le monarque bourbon a accepté sa démission.
Le cinquième duc de Richelieu
Armand Emanuel du Plessis, cinquième duc de Richelieu, a eu une longue relation avec les rois “légitimes” de France, comme son nom l’indique. Il a quitté la France après la révolution et est entré au service de l’empereur de Russie. Ce dernier l’a chargé parmi d’autres tâches, de fonder la ville d’Odessa. Son talent organisationnel était bien supérieur à la moyenne. Désormais, une métropole russe rayonnante dominerait la mer noire pour les siècles à venir.
Richelieu est rentré en France avec les Bourbons et a assumé la fonction de premier ministre après Talleyrand. Totalement désespéré, il est allé dans les appartements qu’occupait le tsar quand il était en France. On venait de lui annoncé le démantèlement du pays tant au niveau territorial qu’économique. Il a été reçu par le jeune confident d’Alexandre I, le comte Ioannis Capodistria qu’apparemment il connaissait bien. Richelieu a parlé à Capodistria des blessures qui allaient toucher la France. Capodistria l’a écouté calmement puis a dit:
“J’ai pensé à un moyen infaillible de sauver votre pays aujourd’hui. Demain, ce sera trop tard. Désirez-vous l’entendre ?”
“Bien sûr” a répondu Richelieu.
Capodistria est allé dans la pièce attenante et a dicté à son secrétaire Alexandros Stourtzas une lettre, supposée être de Louis XVIII au tsar. La lettre nous informe que Louis préférait déposer sa couronne aux alliés plutôt que de leur donner la France démantelée et humiliée.
Richelieu a pris la lettre et l’a donnée au roi qui l’a recopiée de sa propre main. Le jour suivant, Stourtzas l’a remise au tsar, qui était prévenu, au moment où celui-ci négociait avec les alliés.
“Comme je m’y attendais” déclara-t-il apparemment consterné. (Napoléon a été le premier à s’apercevoir du talent d’acteur d’Alexandre.) “Maintenant nous sommes plus humiliés que jamais. Louis a abdiqué et il a raison. La France n’a plus de roi. Trouvez-m’en un autre si vous pouvez. Quant à moi, je m’en lave les mains. Le temps est venu de rentrer chez moi et d’en finir avec tout ça.”
La détermination d’Alexandre a provoqué un étonnement général. Sa colère a calmé les passions contre la France. C’est ce jour-là, à ce moment précis que la France a été sauvée du désastre. Elle a été sauvée grâce à la lucidité du comte de Corfou et le talent d’acteur de l’homme que Napoléon qualifiait du plus grand comédien de l’est (et avec lequel, disait-il, si c’était une femme j’aurais certainement eu une relation avec elle).
Témoignages
Cette petite histoire est, ou devrait être, très importante pour les français. Si cette intervention n’avait pas eu lieu, leur pays ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui. S’il n’y avait pas eu la politique de Capodistria adressée au tsar, laquelle a conduit trois ans plus tard à la réintégration de la France dans le conclave des grandes puissances. La France serait aujourd’hui un petit pays comme la Belgique cependant avec un glorieux passé révolutionnaire. Et l’Europe aurait été ravagée par des dizaines de guerres avant les grandes guerres causées par l’Allemagne durant le siècle suivant.
Richelieu a écrit au tsar le 1er octobre 1815. C’est grâce à votre déterminante intervention que nous devons l’allègement des conditions. Je sais que le comte Capodistriaétait hors de son mandat. Je prends la liberté de supplier votre majesté de ne pas le désavouer “.
De même, le comte Molé a écrit dans ses mémoires: “Si la France est toujours la France, elle le doit à trois hommes dont les noms ne devrait jamais être oubliés, à Alexandre et ses deux ministres, Capodistria et Pozzo di Borgo.
La récompense
Il n’y a pas de doute que, outre sa perception purement diplomatique et ingénieuse concernant la position de la France dans l’équilibre des pouvoirs qui apporterait la paix dans le continent, Capodistria avait également d’autres attentes quant à sa position envers ce pays. Il pensait que, en ce qui concerne l’insurrection planifiée en Grèce, l’aide de la France serait la bienvenue. La France serait le contre poidsà l’attitude négative de l’Angleterre. L’histoire a pleinement justifié cette attente.
Nous ne savons pas si Richelieu et Louis connaissaient ce plan. C’est peut êtreà cause de cela qu’ils lui ont offert des récompenses plus tangibles. Louis lui a offert de l’or, mais Capodistria a refusé. Il a uniquement demandé des copies de livres de textes en ancien grec qui se trouvaient dans des bibliothèques françaises. Il désirait les envoyer à Corfou pour la bibliothèque qu’il projetait de construire.
Son offre a été acceptée mais n’a jamais été réalisée, d’après ce que nous savons. Au lieu de cela, la dynastie suivante française a pris soin d’entreprendre, avec les anglais et les “Kotsambasides” grecs, le projet d’assassiner le gouverneur grec, dix sept années plus tard. L’un des deux assassins, George Mavromichalis, a trouvé refuge à l’ambassade de France comme cela avait été convenu avant le meurtre.
Aujourd’hui, il est plus nécessaire que jamais que ces événements soient connus du peuple français. Car, peut-être c’est le devoir de l’histoire de rétablir la vérité, même si cela arrive deux cent ans plus tard. Peut-être aussi car les peuples d’Europe doivent apprendre que l’existence de l’un sert l’existence de l’autre et que le continent n’a jamais rien gagné des ruines de l’un de ses membres. Peut-être simplement pour que cette donation soit exécutée et que la nouvelle bibliothèque “Ioannis Capodistrias” ouvre à Corfou.
Panagiotis Paspaliaris
