{"id":566,"date":"2017-09-24T16:15:28","date_gmt":"2017-09-24T14:15:28","guid":{"rendered":"http:\/\/main.cse-initiative.eu\/?p=566"},"modified":"2017-09-24T16:15:28","modified_gmt":"2017-09-24T14:15:28","slug":"egine-le-paradis-perdu-des-revolutionnaires-de-syriza","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/main.cse-initiative.eu\/?p=566","title":{"rendered":"Egine, le paradis perdu des r\u00e9volutionnaires de Syriza"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/www.letemps.ch\/monde\/2017\/08\/24\/egine-paradis-perdu-revolutionnaires-syriza\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><strong><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-large wp-image-1902\" src=\"http:\/\/enouranois.eu\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/file6wdwm45iihd3esi7eof-1024x404.jpg\" alt=\"\" width=\"840\" height=\"331\" \/><\/strong><\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.letemps.ch\/monde\/2017\/08\/24\/egine-paradis-perdu-revolutionnaires-syriza\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><strong>https:\/\/www.letemps.ch\/monde\/2017\/08\/24\/egine-paradis-perdu-revolutionnaires-syriza<\/strong><\/a><\/p>\n<p class=\"lead\"><strong>L\u2019\u00eele a longtemps \u00e9t\u00e9 le lieu de vill\u00e9giature pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de la gauche radicale. Mais Alexis Tsipras et Cie ne s\u2019y montrent plus gu\u00e8re depuis qu\u2019ils ont ploy\u00e9 devant Bruxelles. L\u2019\u00e9crivain Alexandre Kollatos a pris le parti d\u2019en rire.<\/strong><\/p>\n<div class=\"article_body\">\n<div class=\"body_content\">\n<div>\n<p>Alexandre Kollatos, com\u00e9dien et auteur franco-grec, prononce sur l\u2019\u00eele d\u2019Egine quelques mots \u00e0 l\u2019issue de la repr\u00e9sentation de sa derni\u00e8re satire, \u00abYanis et Alexis\u00bb: \u00abD\u00e9\u00e7u par ce couple politique que j\u2019avais pourtant soutenu et pour lequel j\u2019avais vot\u00e9, j\u2019ai \u00e9crit ce texte pour faire rire.\u00bb Les deux principaux personnages de la pi\u00e8ce sont Yanis Varoufakis, ministre grec des Finances, et Alexis Tsipras, premier ministre. Au premier semestre 2015, le duo avait tenu en haleine toute l\u2019Europe, tentant de mettre un terme aux politiques d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 impos\u00e9es au pays depuis 2010 et de les remplacer par des solutions alternatives. Les n\u00e9gociations avec les cr\u00e9anciers du pays dureront six mois, avant de se solder, face \u00e0 l\u2019intransigeance de leurs interlocuteurs, par des r\u00e9sultats d\u00e9cevants: la signature d\u2019un nouvel accord avec l\u2019Union Europ\u00e9enne, la BCE et le FMI, qui impose \u00e0 la Gr\u00e8ce de nouvelles mesures d\u2019aust\u00e9rit\u00e9, et la d\u00e9mission de Yanis Varoufakis. Cette p\u00e9riode sert de trame \u00e0 Alexandre Kollatos. L\u2019auteur transforme le duo aux manettes du pays en un couple passionn\u00e9, qui se d\u00e9bat \u00e0 Bruxelles et rompt au bout de six mois.<\/p>\n<p>La satire s\u00e9duit. Ce 13 ao\u00fbt au soir, la centaine de chaises d\u00e9pos\u00e9es devant la sc\u00e8ne en plein air n\u2019ont pas suffi pour accueillir le public: il a fallu en r\u00e9quisitionner dans la maison voisine. Un tel engouement n\u2019est pas un hasard. Syriza est en chute libre dans les sondages et la d\u00e9ception gagne la population.<\/p>\n<h3>Un ultime espoir<\/h3>\n<p>Ainsi, dans toutes les enqu\u00eates d\u2019opinion, le parti du premier ministre oscille d\u00e9sormais entre 16 et 17% d\u2019intention de vote, loin derri\u00e8re son rival de droite, Nouvelle D\u00e9mocratie (ND), qui caracole \u00e0 23,5% et plus. En janvier 2015, Syriza avait recueilli 36,34% des suffrages et fr\u00f4l\u00e9 la majorit\u00e9 absolue au parlement. Depuis, il y a eu l\u2019accord avec l\u2019UE et son flot de mesures impopulaires, une 13\u00e8me coupe dans les retraites en 5 ans, des hausses de taxes, etc. Alexandre Kollatos a \u00abvoulu montrer le ridicule des n\u00e9gociations et le manque de s\u00e9rieux d\u2019Alexis et Yanis\u00bb. Et d\u2019expliquer: \u00abNous les Grecs, nous les avions consid\u00e9r\u00e9s comme un ultime espoir d\u2019une solution pour le pays.\u00bb<\/p>\n<p>Le choix du lieu a recel\u00e9 une pointe d\u2019humour suppl\u00e9mentaire. Quand Syriza est arriv\u00e9 \u00e0 la t\u00eate du gouvernement, en janvier 2015, les commentateurs ont \u00e9voqu\u00e9 \u00abla bande d\u2019Egine\u00bb. A une heure d\u2019Ath\u00e8nes, cette \u00eele avait des allures d\u2019annexe du conseil des ministres. Nombre de membres du gouvernement et de d\u00e9put\u00e9s y ont une r\u00e9sidence secondaire. Ils y viennent r\u00e9guli\u00e8rement en vill\u00e9giature, comme le professeur de sociologie Konstandinos Tsoukalas, ou l\u2019actuel ministre de l\u2019Enseignement, Kostas Gavroglou. Surtout, c\u2019est sur ce caillou du golfe Saronique que se sont rencontr\u00e9s Yanis Varoufakis et Alexis Tsipras.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"nl-subscription-container nl-subscription-inarticle nl-a-la-une anonymous for-non-members notsub\"><\/div>\n<p>L\u2019affaire remonte \u00e0 2012. Le Pasok, parti social-d\u00e9mocrate grec qu\u2019avait conseill\u00e9 Yanis Varoufakis, est alors en chute libre. Lors des \u00e9lections qui ont lieu cette ann\u00e9e-l\u00e0, Syriza, le parti de la gauche radicale, effectue une perc\u00e9e avec Alexis Tsipras \u00e0 sa t\u00eate. Un Alexis Tsipras qui fr\u00e9quente r\u00e9guli\u00e8rement l\u2019\u00eele d\u2019Egine depuis qu\u2019Alekos Flambouraris, ancien membre du parti communiste et personnalit\u00e9 influente de la formation, y a emmen\u00e9 le jeune dirigeant. \u00abDepuis qu\u2019il a 17 ans, il est comme mon fils, confie le p\u00e8re spirituel de Tsipras, habitu\u00e9 d\u2019Egine de longue date. C\u2019est comme s\u2019il \u00e9tait originaire de l\u2019\u00eele.\u00bb<\/p>\n<h3>Des promesses trahies<\/h3>\n<p>\u00abUn hasard professionnel m\u2019a amen\u00e9 ici en 1979. Ing\u00e9nieur en b\u00e2timent, j\u2019y ai construit la maison d\u2019un camarade, qui a depuis rejoint un autre parti, pr\u00e9cise le septuag\u00e9naire devenu ministre (sans porte-feuille). Egine, de fait, avait de quoi lui plaire. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019a \u00e9t\u00e9 battue la premi\u00e8re monnaie grecque dans l\u2019Antiquit\u00e9, l\u00e0 que le 26 janvier 1828, trois ans avant d\u2019\u00eatre assassin\u00e9, Ioannis Kapodistrias avait form\u00e9 le premier gouvernement de la Gr\u00e8ce ind\u00e9pendante, avec Egine pour \u00e9ph\u00e9m\u00e8re capitale. \u00abC\u2019est une \u00eele d\u2019artistes et d\u2019intellectuels proche d\u2019Ath\u00e8nes\u00bb, souligne Alekos Flambouraris. Pas une \u00eele de gauche, mais une \u00eele o\u00f9 une part de la gauche grecque prend ses quartiers d\u2019\u00e9t\u00e9 depuis 30 ans. Les habitu\u00e9s se souviennent m\u00eame que \u00abtous les 28 juillet, Alexis Tsipras venait f\u00eater son anniversaire ici, chez Flambouraris.\u00bb Cette ann\u00e9e cependant, personne ne l\u2019a vu.<\/p>\n<p>\u00abAvant, toutes ces personnalit\u00e9s d\u00e9ambulaient sur le port, nous pouvions parler avec eux. Maintenant, ils restent dans leurs propri\u00e9t\u00e9s, ils ne veulent pas affronter les critiques\u00bb, se plaint une habitante. \u00abIls n\u2019ont pas respect\u00e9 leurs promesses\u00bb, temp\u00eate un certain Simos.<\/p>\n<p>Attabl\u00e9 \u00e0 une terrasse de caf\u00e9, sous l\u2019oeil vigilant de deux garde-du-corps, Alekos Flambouraris justifie la politique du gouvernement: \u00abLe ch\u00f4mage est pass\u00e9 de plus de 27% \u00e0 21,3%. Nous essayons d\u2019am\u00e9liorer la situation, notamment celle des plus d\u00e9favoris\u00e9s. Si Nouvelle D\u00e9mocratie \u00e9tait encore au pouvoir, les choses seraient pires. Le ch\u00f4mage s\u2019\u00e9l\u00e8verait \u00e0 plus de 30%.\u00bb Quelques m\u00e8tres plus loin, Thanassis, serveur au caf\u00e9 Nisos, affirme que la population s\u2019appauvrit. \u00abIl aurait fallu changer beaucoup de choses dans le pays, comme les relations client\u00e9listes mais le gouvernement n\u2019a pas su motiver la population\u00bb, analyse-t-il avant de l\u00e2cher: \u00abLa politique n\u2019est plus que du marketing. Varoufakis est parti quand il le fallait.\u00bb L\u2019ancien ministre des Finances se prom\u00e8ne souvent \u00e0 Egine. Sans encombre. Comme si, dans cette saga grecque, il avait fini par avoir le beau r\u00f4le.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>https:\/\/www.letemps.ch\/monde\/2017\/08\/24\/egine-paradis-perdu-revolutionnaires-syriza L\u2019\u00eele a longtemps \u00e9t\u00e9 le lieu de vill\u00e9giature pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de la gauche radicale. 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Les n\u00e9gociations avec les cr\u00e9anciers du pays dureront six mois, avant de se solder, face \u00e0 l\u2019intransigeance de leurs interlocuteurs, par des r\u00e9sultats d\u00e9cevants: la signature d\u2019un nouvel accord avec l\u2019Union Europ\u00e9enne, la BCE et le FMI, qui impose \u00e0 la Gr\u00e8ce de nouvelles mesures d\u2019aust\u00e9rit\u00e9, et la d\u00e9mission de Yanis Varoufakis. Cette p\u00e9riode sert de trame \u00e0 Alexandre Kollatos. 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