{"id":319,"date":"2015-02-24T12:34:48","date_gmt":"2015-02-24T10:34:48","guid":{"rendered":"http:\/\/main.cse-initiative.eu\/?p=319"},"modified":"2016-06-03T17:21:06","modified_gmt":"2016-06-03T15:21:06","slug":"tentatif","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/main.cse-initiative.eu\/?p=319","title":{"rendered":"Le bienfaiteur de la France"},"content":{"rendered":"<p>Napol\u00e9on a r\u00e9ussi \u00e0 exporter la r\u00e9volution fran\u00e7aise en Europe ainsi que certaines de ses admirables r\u00e9alisations. A Aboukir, \u00e0 Austerlitz, \u00e0 I\u00e9na, \u00e0 Borodino il a vaincu l&#8217;h\u00e9g\u00e9monie du vieil ordre europ\u00e9en, parfois de fa\u00e7on retentissante, parfois avec des pertes consid\u00e9rables. Certains de ces souverains ont modifi\u00e9 leur mode de pens\u00e9e et ont adopt\u00e9 les id\u00e9es et principes fran\u00e7ais, ils ont \u00e9galement relanc\u00e9 un coup crucial \u00e0 Leipzig le 19 octobre 1813.<\/p>\n<p>Lors de la conf\u00e9rence de la paix qui a fait suite \u00e0 cet \u00e9v\u00e9nement, les vainqueurs n&#8217;ont pas choisi d&#8217;\u00e9craser la France: ils ont envoy\u00e9 Bonaparte en exil. Cependant tout a chang\u00e9 quand ce corse s&#8217;est \u00e9vad\u00e9 de l&#8217;\u00eele d&#8217;Elbe et que le 18juin 1815 il a dirig\u00e9 une nouvelle arm\u00e9e contre ses ennemis unis. Il s&#8217;agit des cent jours des derni\u00e8res actions du destructeur de notre continent.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Le g<\/b><b>\u00e9<\/b><b>n<\/b><b>\u00e9<\/b><b>ral <\/b><b>Bl<\/b><b>\u00fc<\/b><b>cher<\/b><b> et Talleyrand<\/b><\/p>\n<p>Au cours de l&#8217;\u00e9t\u00e9 1815, les Prusses et leurs alli\u00e9s sont entr\u00e9s dans Paris. Le g\u00e9n\u00e9ral Von Bl\u00fccher a provoqu\u00e9 l&#8217;explosion du pont I\u00e9na sur la Seine, qui avait \u00e9t\u00e9 construit afin de rappeler au monde la d\u00e9faite humiliante des Prusses par les fran\u00e7ais en 1806. Le premier ministre de France, Talleyrand, qui avait repris ses fonctions, a menac\u00e9 via un \u00e9missaire qu&#8217;il allait se tenir au milieu du pont afin d&#8217;emp\u00eacher le g\u00e9n\u00e9ral allemand de l&#8217;exploser.<\/p>\n<p>Bl\u00fccher a un peu r\u00e9fl\u00e9chi et ensuite il a dit \u00e0 ses soldats d&#8217;attendre que Talleyrand soit arriv\u00e9 au milieu du pont avant de l exploser. Depuis cet \u00e9v\u00e9nement les fran\u00e7ais ont donn\u00e9 le nom de Bl\u00fccher \u00e0 leur chien sanguinaire. En revanche, il consid\u00e8re Talleyrand comme leur bienfaiteur puisque, gr\u00e2ce \u00e0 ses habiles man\u0153uvres diplomatiques, il a emp\u00each\u00e9 le d\u00e9mant\u00e8lement de la France. Voil\u00e0, tout du moins, ce que l&#8217;on enseigne dans les \u00e9coles fran\u00e7aises. La v\u00e9rit\u00e9 est que durant cette \u00e9poque critique pour la France les historiens pensent aujourd&#8217;hui que la th\u00e9orie de Talleyrand &#8220;bienfaiteur &#8220;, sur la base d&#8217;un texte de l&#8217;\u00e9poque, montre que son amour des intrigues et son charme malicieux n&#8217;\u00e9tait plus \u00e0 la mode. Il a menac\u00e9 les alli\u00e9s de d\u00e9missioner si la France \u00e9tait d\u00e9mantel\u00e9e. Cela n&#8217;importait pas les alli\u00e9s et le monarque bourbon a accept\u00e9 sa d\u00e9mission.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Le cinqui<\/b><b>\u00e8<\/b><b>me duc de Richelieu\u00a0<\/b><\/p>\n<p>Armand Emanuel du Plessis, cinqui\u00e8me duc de Richelieu, a eu une longue relation avec les rois &#8220;l\u00e9gitimes&#8221; de France, comme son nom l&#8217;indique. Il a quitt\u00e9 la France apr\u00e8s la r\u00e9volution et est entr\u00e9 au service de l&#8217;empereur de Russie. Ce dernier l&#8217;a charg\u00e9 parmi d&#8217;autres t\u00e2ches, de fonder la ville d&#8217;Odessa. Son talent organisationnel \u00e9tait bien sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne. D\u00e9sormais, une m\u00e9tropole russe rayonnante dominerait la mer noire pour les si\u00e8cles \u00e0 venir.<\/p>\n<p>Richelieu est rentr\u00e9 en France avec les Bourbons et a assum\u00e9 la fonction de premier ministre apr\u00e8s Talleyrand. Totalement d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, il est all\u00e9 dans les appartements qu&#8217;occupait le tsar quand il \u00e9tait en France. On venait de lui annonc\u00e9 le d\u00e9mant\u00e8lement du pays tant au niveau territorial qu&#8217;\u00e9conomique. Il a \u00e9t\u00e9 re\u00e7u par le jeune confident d&#8217;Alexandre I, le comte Ioannis Capodistria qu&#8217;apparemment il connaissait bien. Richelieu a parl\u00e9 \u00e0 Capodistria des blessures qui allaient toucher la France. Capodistria l&#8217;a \u00e9cout\u00e9 calmement puis a dit:<\/p>\n<p>&#8220;J&#8217;ai pens\u00e9 \u00e0 un moyen infaillible de sauver votre pays aujourd&#8217;hui. Demain, ce sera trop tard. D\u00e9sirez-vous l&#8217;entendre ?&#8221;<\/p>\n<p>&#8220;Bien s\u00fbr&#8221; a r\u00e9pondu Richelieu.<\/p>\n<p>Capodistria est all\u00e9 dans la pi\u00e8ce attenante et a dict\u00e9 \u00e0 son secr\u00e9taire Alexandros Stourtzas une lettre, suppos\u00e9e \u00eatre de Louis XVIII au tsar. La lettre nous informe que Louis pr\u00e9f\u00e9rait d\u00e9poser sa couronne aux alli\u00e9s plut\u00f4t que de leur donner\u00a0 la France d\u00e9mantel\u00e9e et humili\u00e9e.<\/p>\n<p>Richelieu a pris la lettre et l&#8217;a donn\u00e9e au roi qui l&#8217;a recopi\u00e9e de sa propre main. Le jour suivant, Stourtzas l&#8217;a remise au tsar, qui \u00e9tait pr\u00e9venu, au moment o\u00f9 celui-ci n\u00e9gociait avec les alli\u00e9s.<\/p>\n<p>&#8220;Comme je m&#8217;y attendais&#8221; d\u00e9clara-t-il apparemment constern\u00e9. (Napol\u00e9on a \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 s&#8217;apercevoir du talent d&#8217;acteur d&#8217;Alexandre.) &#8220;Maintenant nous sommes plus humili\u00e9s que jamais. Louis a abdiqu\u00e9 et il a raison. La France n&#8217;a plus de roi. Trouvez-m&#8217;en un autre si vous pouvez. Quant \u00e0 moi, je m&#8217;en lave les mains. Le temps est venu de rentrer chez moi et d&#8217;en finir avec tout \u00e7a.&#8221;<\/p>\n<p>La d\u00e9termination d&#8217;Alexandre a provoqu\u00e9 un \u00e9tonnement g\u00e9n\u00e9ral. Sa col\u00e8re a calm\u00e9 les passions contre la France. C&#8217;est ce jour-l\u00e0, \u00e0 ce moment pr\u00e9cis que la France a \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9e du d\u00e9sastre. Elle a \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 la lucidit\u00e9 du comte de Corfou et le talent d&#8217;acteur de l&#8217;homme que Napol\u00e9on qualifiait du plus grand com\u00e9dien de l&#8217;est (et avec lequel, disait-il, si c&#8217;\u00e9tait une femme j&#8217;aurais certainement eu une relation avec elle).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>T<\/b><b>\u00e9<\/b><b>moignages\u00a0<\/b><\/p>\n<p>Cette petite histoire est, ou devrait \u00eatre, tr\u00e8s importante pour les fran\u00e7ais. Si cette intervention n&#8217;avait pas eu lieu, leur pays ne serait pas ce qu&#8217;il est aujourd&#8217;hui. S&#8217;il n&#8217;y avait pas eu la politique de Capodistria adress\u00e9e au tsar, laquelle a conduit trois ans plus tard \u00e0 la r\u00e9int\u00e9gration de la France dans le conclave des grandes puissances. La France serait aujourd&#8217;hui un petit pays comme la Belgique cependant avec un glorieux pass\u00e9 r\u00e9volutionnaire. Et l&#8217;Europe aurait \u00e9t\u00e9 ravag\u00e9e par des dizaines de guerres avant les grandes guerres caus\u00e9es par l&#8217;Allemagne durant le si\u00e8cle suivant.<\/p>\n<p>Richelieu a \u00e9crit au tsar le 1er octobre 1815.\u00a0C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 votre d\u00e9terminante intervention que nous devons l&#8217;all\u00e8gement des conditions. Je sais que le comte Capodistria\u00e9tait hors de son mandat. Je prends la libert\u00e9 de supplier votre majest\u00e9 de ne pas le d\u00e9savouer &#8220;.<\/p>\n<p>De m\u00eame, le comte Mol\u00e9 a \u00e9crit dans ses m\u00e9moires: &#8220;Si la France est toujours la France, elle le doit \u00e0 trois hommes dont les noms ne devrait jamais \u00eatre oubli\u00e9s, \u00e0 Alexandre et ses deux ministres, Capodistria et Pozzo di Borgo.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>La r<\/b><b>\u00e9<\/b><b>compense\u00a0<\/b><\/p>\n<p>Il n&#8217;y a pas de doute que, outre sa perception purement diplomatique et ing\u00e9nieuse concernant la position de la France dans l&#8217;\u00e9quilibre des pouvoirs qui apporterait la paix dans le continent, Capodistria avait \u00e9galement d&#8217;autres attentes quant \u00e0 sa position envers ce pays. Il pensait que, en ce qui concerne l&#8217;insurrection planifi\u00e9e en Gr\u00e8ce, l&#8217;aide de la France serait la bienvenue. La France serait le contre poids\u00e0 l&#8217;attitude n\u00e9gative de l&#8217;Angleterre. L&#8217;histoire a pleinement justifi\u00e9 cette attente.<\/p>\n<p>Nous ne savons pas si Richelieu et Louis connaissaient ce plan. C&#8217;est peut \u00eatre\u00e0 cause de cela qu&#8217;ils lui ont offert des r\u00e9compenses plus tangibles. Louis lui a offert de l&#8217;or, mais Capodistria a refus\u00e9. Il a uniquement demand\u00e9 des copies de livres de textes en ancien grec qui se trouvaient dans des biblioth\u00e8ques fran\u00e7aises. Il d\u00e9sirait les envoyer \u00e0 Corfou pour la biblioth\u00e8que qu&#8217;il projetait de construire.<\/p>\n<p>Son offre a \u00e9t\u00e9 accept\u00e9e mais n&#8217;a jamais \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e, d&#8217;apr\u00e8s ce que nous savons. Au lieu de cela, la dynastie suivante fran\u00e7aise a pris soin d&#8217;entreprendre, avec les anglais et les &#8220;Kotsambasides&#8221; grecs, le projet d&#8217;assassiner le gouverneur grec, dix sept ann\u00e9es plus tard. L&#8217;un des deux assassins, George Mavromichalis, a trouv\u00e9 refuge \u00e0 l&#8217;ambassade de France comme cela avait \u00e9t\u00e9 convenu avant le meurtre.<\/p>\n<p>Aujourd&#8217;hui, il est plus n\u00e9cessaire que jamais que ces \u00e9v\u00e9nements soient connus du peuple fran\u00e7ais. Car, peut-\u00eatre c&#8217;est le devoir de l&#8217;histoire de r\u00e9tablir la v\u00e9rit\u00e9, m\u00eame si cela arrive deux cent ans plus tard. Peut-\u00eatre aussi car les peuples d&#8217;Europe doivent apprendre que l&#8217;existence de l&#8217;un sert l&#8217;existence de l&#8217;autre et que le continent n&#8217;a jamais rien gagn\u00e9 des ruines de l&#8217;un de ses membres. Peut-\u00eatre simplement pour que cette donation soit ex\u00e9cut\u00e9e et que la nouvelle biblioth\u00e8que &#8220;Ioannis Capodistrias&#8221; ouvre \u00e0 Corfou.<\/p>\n<p><b>Panagiotis <\/b><b>Paspaliaris<\/b><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Napol\u00e9on a r\u00e9ussi \u00e0 exporter la r\u00e9volution fran\u00e7aise en Europe ainsi que certaines de ses admirables r\u00e9alisations. A Aboukir, \u00e0 Austerlitz, \u00e0 I\u00e9na, \u00e0 Borodino il a vaincu l&#8217;h\u00e9g\u00e9monie du vieil ordre europ\u00e9en, parfois de fa\u00e7on retentissante, parfois avec des pertes consid\u00e9rables. Certains de ces souverains ont modifi\u00e9 leur mode de pens\u00e9e et ont adopt\u00e9 les id\u00e9es et principes fran\u00e7ais, ils ont \u00e9galement relanc\u00e9 un coup crucial \u00e0 Leipzig le 19 octobre 1813. Lors de la conf\u00e9rence de la paix qui a fait suite \u00e0 cet \u00e9v\u00e9nement, les vainqueurs n&#8217;ont pas choisi d&#8217;\u00e9craser la France: ils ont envoy\u00e9 Bonaparte en exil. Cependant tout a chang\u00e9 quand ce corse s&#8217;est \u00e9vad\u00e9 de l&#8217;\u00eele d&#8217;Elbe et que le 18juin 1815 il a dirig\u00e9 une nouvelle arm\u00e9e contre ses ennemis unis. Il s&#8217;agit des cent jours des derni\u00e8res actions du destructeur de notre continent. &nbsp; Le g\u00e9n\u00e9ral Bl\u00fccher et Talleyrand Au cours de l&#8217;\u00e9t\u00e9 1815, les Prusses et leurs alli\u00e9s sont entr\u00e9s dans Paris. Le g\u00e9n\u00e9ral Von Bl\u00fccher a provoqu\u00e9 l&#8217;explosion du pont I\u00e9na sur la Seine, qui avait \u00e9t\u00e9 construit afin de rappeler au monde la d\u00e9faite humiliante des Prusses par les fran\u00e7ais en 1806. 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